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Gabon : la postcolonie
en débat.
Les mouvements de violence qui secouent le continent africain du nord
au sud traduisent une histoire en transition. Si la prise des armes est
souvent une option désespérée, il faut cependant
reconnaître que, pour l’Afrique noire, la principale voie
de sortie de la « postcolonie », notion davantage apparentée
à la « néocolonie », passe par la consécration
du principe fondateur de la modernité : la sacralité de
la vie humaine. C’est en ce socle philosophico-moral, le respect
absolu de l’humain, que réside l’Etat démocratique
et non dans les déclarations universelles tonitruantes ou les kits
institutionnels importés. Cela est surtout vrai d’un pays
comme le Gabon, qui devrait mettre à profit le sursis politique
dont il bénéficie pour consolider la culture du droit, la
seule arme capable de prévenir le spectre de la violence. L’auteur
montre que l’avènement d’une telle culture pose un
autre impératif : la réforme des institutions politiques
à partir d’une réflexion rigoureuse sur la «
monarchie républicaine » héritée de la France,
source de toutes les dérives et des complicités ruineuses.
Car un régime politique qui repose sur une présidence hyperpuissante
et incontrôlée (non soumise au mécanisme du checks
and balances de type américaine) nuit à l’équilibre
nécessaire à la bonne gestion de l’Etat.
Le livre montre aussi que la violence qui mine l’Afrique résulte
d’un mal profond : le nihilisme. Expression d’une corruption
radicale – la négation de l’être humain –,
ce qui a conduit à la dilution des valeurs de progrès social
ainsi que l’atteste l’existence des bidonvilles sordides dans
« l’émirat pétrolier » d’Afrique
noire. Cet ouvrage, porté par une verve critique, cherche à
contribuer à la renaissance d’un espace psycho-social conditionné
par de longues années d’un discours univoque auquel l’élite
gabonaise semble avoir succombé.
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